Commerce sur l’Ile de Gorée

Des femmes entre deux chaloupes à la quête de la clientèle

Ouagadougou, 20 fév. 2020 (AIB) – A l’occasion d’un séjour du 12 au 19 janvier 2020 à Dakar, nous sommes allés à la rencontre des femmes commerçantes sur l’Ile de Gorée (3km et demi de Dakar). Ces femmes empreintent la Chaloupe, seul moyen qui rallie Dakar à Gorée, plusieurs fois par jours, à la recherche de potentiels clients, afin de subvenir aux besoins de leurs familles.

Fatou Bassinga dans sa boutique

Fatou Bassinga est une burkinabè résidante à Gorée il y a plus de 40 ans. Arrivée au pays de Senghor à l’âge de deux ans avec son père, Mme Bassinga, mariée à un Sénégalais, dit n’être revenue sur sa terre natale qu’une seule fois. Aujourd’hui, Fatou Bassinga officie dans le commerce à Gorée où elle vit avec sa famille.

Dans sa boutique, on y trouve des vêtements, des objets d’arts, des bijoux et perles et divers d’objets liées à l’histoire de cette ile classée au Patrimoine mondiale de l’humanité.

Rencontrée à la gare maritime de Dakar, peu avant l’embarcation   de 12h30 le 17 janvier 2020, Fatou Bassinga, la quarantaine, empreinte la chaloupe dans le but de, entre autres, rechercher de potentiels visiteurs et acheteurs de ses marchandises.

Tout comme elle, nous avons fait également la connaissance de Kenza et Fatima et plus tard Ouma, au cours du trajet.

Pendant que la chaloupe, flottant au beau milieu de l’Océan Atlantique en direction de la commune de Gorée, Kenza, Fatima et Fatou Bassinga profite de la quinzaine de minutes pour convaincre les occupants à passer visiter leurs boutiques en y prenant le soin de leur laisser leurs contacts téléphoniques.

Fatima dans sa boutique

A la recherche de quoi subvenir aux besoins de leur famille, ces commerçantes nous confient faire plusieurs fois par jour la navette Gorée-Dakar pour convoyer les clients dans leurs lieux de commerce.

«Grace à cette stratégie, nous arrivons souvent à avoir beaucoup de clients mais pas forcément à tous les coups», a laissé entendre Mme Bassinga

«Certains viennent et d’autres pas. Mais c’est encore mieux que de rester sur place et de ne pas avoir la clientèle. Il faut toujours tenter», nous lance Kenza.

Fatima, quant à elle, a laissé entendre que le prix de ses articles varie selon que l’on est Africain ou Européen. «Quand c’est un africain je vends moins cher mais quand je suis face à un blanc, je double le prix», a-t-elle indiqué.

Une technique particulière pour amener les visiteurs à payer

Une visite aux différentes boutiques de ces dames a permis de comprendre qu’elles ont leur cuisine interne afin d’amener les clients à payer dans beaucoup de boutiques.

Formant une solidarité et une complicité entre elles, une d’entre elles, Oumou qui tient une boutique (Oumou Boutique) finit par nous vendre la mèche.

Kenza dans la Chaloupe à la recherche de clientèle

«Notre technique consiste à insister et à convaincre les clients qui visitent nos boutiques.  Cela n’est nullement pas du harcèlement mais une insistance», nous raconte-t-elle, le sourire aux lèves.

«L’autre technique poursuit Mme Oumou c’est lorsqu’un client achète une marchandise, la marchandise est remise à une autre pour qu’elle conditionne dans le sachet. Le client qui est donc alors obligé d’aller dans la boutique de cette dernière pour récupérer sa marchandise se doit d’abord de la visiter et ainsi de suite».

Grace à cette technique de recherche de la clientèle, ces dames nous confient subvenir aux besoins de leur famille. Mais la somme qu’elles peuvent encaisser par jour reste un secret, selon Fatima.

 

Rabiatou SIMPORE

rabysimpore@yahoo.fr

 

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