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Bobo-Dioulasso : «La quiétude de la ville repose sur le respect des lieux de culte ancestraux» (chefferie coutumière)

Bobo-Dioulasso, 15 déc. 2019 (AIB) – «La quiétude de la ville de Sya repose sur le respect des lieux de culte ancestraux», a confié samedi, le chef de village de Bindougousso, Sa Majesté Omer Sanou, à l’ouverture de la 3e édition des Journées culturelles Bobo-madarè.

«Le bonheur, la paix et la quiétude qui règne à Bobo-Dioulasso repose sur le respect des lieux de culte ancestraux», a déclaré Sa Majesté Omer Sanou qui s’exprimait au nom du Chef suprême des Bobo-madarè Sa Majesté Sidiki Sanou et des chefs coutumiers des 10 villages de la ville.

Face à la menace que subissent ces lieux de cultes du fait de la démographie galopante de la ville de Sya, l’autorité coutumière estime qu’«il est de notre devoir à tous de les sauvegarder».

Une interpellation saisie par l’Association Sya Wolo qui a placé sous le thème «Enjeux culturels, touristiques et environnementaux liés à la sécurisation foncière des lieux de culte des villages de la commune de Bobo-Dioulasso»,  la 3ème édition des Journées culturelles Bobo-madarè qui se tiennent du 13 au 15 décembre 2019.

Selon le président Sitelé Bakary Ouattara, sa structure a fait le constat avec les chefs coutumiers que certains «lieux de culte étaient devenus des dépotoirs  souvent avec la complicité de certains élus qui ont manqué de vision».

«Avec la duplicité de certains fils de la communauté, certains lieux de culte sont devenus des lieux de commerce et d’habitations. Quelle tragédie», a-t-il déploré.

« (Face à ce constat), nous nous sommes engagés résolument à relever le défi de la sauvegarde de ces lieux sacrés. Nous voulons faire comprendre que le patrimoine culturel de façon général peut permettre aux jeunes africains d’avoir cette fierté, d’être des hommes de demain, de participer à la marche du monde», a-t-il affirmé.

Selon ses dires, les «lieux de culte représentent des endroits de biodiversité et un refuge sécurisé pour certaines espèces animales en voie de disparition».

«Mieux, ils permettent de créer un équilibre vital, spirituel, écologique au sein de nos grandes villes» a-t-il affirmé.

Aussi, l’association se donne pour future ambition «en parfaite collaboration avec la commune de Bobo, (…) d’ériger des forêts communales, départementales et provinciales qui vont permettre à nos villes modernes de respirer».

Malgré la colonisation, les indépendances, l’urbanisation, Bobo-Dioulasso (capitale culturelle du Burkina Faso) est resté profondément africain avec notamment l’organisation des Grandes funérailles dans les villages Bobo et la célébration du nouvel an traditionnel (Zomènè).

C’est pourquoi, Sitelé Bakary Ouattara, estime que de nos jours, si la plupart des enfants apprennent leurs traditions à l’école, à Bobo-Dioulasso, les enfants la côtoient et vivent car elle est bien vivace à travers notamment les grandes funérailles.

Cette 3e édition était placée sous le parrainage du secrétaire Permanent de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) Tahirou Sanou et du président de l’Autorité de régulation des communications électroniques du Burkina Faso (Arcep Burkina) Tontama Charles Millogo.

Le second cité a émis le vœu de voir les journées culturelles Bobo madarè devenir une école avec la valorisation de la langue Bobo.

Prenant son domaine qui est Arcep Burkina, Tontama Charles Millogo confesse manquer de vocabulaire pour en parler lorsqu’il est sollicité pour des interviews en Bobo.

Et pourtant, le dernier gouvernement burkinabè a intégré dans le ministère de l’éducation national, le volet promotion des langues nationales et invité les responsables politiques et administratives à s’exprimer dans les langues nationales lors des interviews.

Tontama Charles Millogo a donc invité les responsables de Sya Wolo a intégré dans leur programme, un volet alphabétisation des responsables administratives et politiques sur les termes techniques en Bobo.

Le secrétaire Permanent de l’ARCOP Tahirou Sanou, a lui salué la présence des autorités musulmanes symbolisées par le président de la communauté musulmane de l’Ouest, Mahama Sanou, aux côtés des autorités coutumières.

Abondant dans le même sens, le 4e adjoint au maire de Bobo-Dioulasso, Alain Sanou a relevé que les lieux de culte à sauvegarder regroupent aussi bien les lieux de culte coutumiers que les mosquées, les églises et les temples.

Il a invité les populations de sa commune (population multiculturelle) à s’approprier les Journées culturelles Bobo-madarè, afin qu’ensemble elles puissent cheminer.

«Le conseil municipal a choisi Sya Wolo à ses côtés pour voir dans quelle mesure, la commune pourrait s’impliquer dans l’organisation des grandes funérailles afin qu’elles soient une industrie pour la ville de Bobo-Dioulasso, capitale culturelle du Burkina Faso», a-t-il affirmé.

Créée le 7 mars 2017, l’Association Sya Wolo (Lumière de Sya) a bénéficié, la même année, d’un financement du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) qui lui a permis de mettre en œuvre son projet «les mécanismes de transmission des savoirs immatériels aux générations présentes et futures dans un contexte  de modernité: rites, chants, rythmes et pas de danse en pays Bobo madarè».

La cérémonie officielle d’ouverture a pris fin par des prestations d’artistes traditionnels et des danses de masques, suivie de la visite des stands d’expositions de mets traditionnels par les autorités.

Agence d’information du Burkina

WIS/ak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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