Burkina-Culture-Protection

Bobo-Dioulasso: Une association s’engage dans la sécurisation foncière des lieux de cultes ancestraux

Bobo-Dioulasso, 14 déc. 2019 (AIB)-L’Association Sya Wolo a organisé vendredi, une conférence publique à Bobo-Dioulasso pour expliquer les enjeux de la sécurisation foncière des lieux de culte des dix villages de la commune de Bobo-Dioulasso.

Le premier conférencier Patrick Ouattara a expliqué que la protection d’un lieu de culte (forêt, espace sacré, etc.) d’une communauté donnée ou d’un village donné exige d’abord l’identification de cette communauté.

Une identification qui passe, a-t-il expliqué par «la constitution d’une personne morale privée comme Sya Wolo qui fonctionne selon des statuts et des règlements».

«A défaut de constituer une personne morale privée (association), on peut aussi protéger l’espace en la mettant sous le couvert d’une collectivité territoriale comme la mairie qui est une personne morale publique» a-t-il expliqué.

Selon Patrick Ouattara, la personne morale déterminée va ensuite engager les procédures pour la sécurisation foncière de la zone.

La sécurisation a-t-il poursuivi, sera marquée par une délimitation de la zone ainsi que la réalisation d’études pour comprendre l’intérêt de classification de la zone.

Il va s’en suivre un acte administratif pour classer la zone en fonction de la personne morale constituée (une association ou la mairie, etc.) a-t-il conclu.

Le second conférencier Jim Moumouni Ouattara a axé sa communication sur les Identités culturelles et le Développement.

Selon lui, l’Afrique a intérêt à revenir à ses fondamentaux pour pouvoir s’engager dans un développement qui va lui servir véritablement.

Il a déploré qu’avec la colonisation, les africains ont abandonné leurs langues, leurs mets culinaires, leurs noms pour s’approprier celles des autres.

Concernant la ville de Bobo-Dioulasso, des participants ont rendu hommage aux anciens et chefs coutumiers de la ville qui ont su maintenir malgré le développement, la célébration des grandes funérailles dans les villages Bobo ainsi que la célébration du nouvel an traditionnel (Zomènè) dans la ville.

Le modérateur de la conférence Thierry Millogo, a  invité la nouvelle génération à s’approprier la culture africaine pour la valoriser.

La conférence s’est tenue dans le cadre de la 3ème édition des Journées culturelles Bobo Madarè, qui se déroulent du vendredi 13 au dimanche 15 décembre 2019 sous le thème «Enjeux culturels, touristiques et environnementaux liés à la sécurisation foncière des lieux de culte des villages de la commune de Bobo-Dioulasso».

Ce thème se justifie selon le président de Sya Wolo, Sitelé Bakary Ouattara, en ce sens que la ville de Bobo-Dioulasso (capitale culturelle du Burkina Faso) bien que tournée vers le développement, reste attachés à sa tradition avec ses dix villages.

Des villages qui organisent chaque année des grandes funérailles caractérisées par la sortie des masques qui symbolisent les retrouvailles entre les vivants et les disparus (les morts), le présent et le passé pour une meilleure définition du futur.

Selon Sitelé Bakary Ouattara, la culture et le savoir africain a longtemps été assimilé au «fétichisme, à l’idolâtrie, au charlatanisme». Mais son association s’est engagé à «travailler à sauvegarder et à valoriser le patrimoine culturel national de façon pérenne».

«Nous voulons récréer le savoir, le génie de l’intelligence africaine dans tous les compartiments de la vie» a-t-il expliqué.

La cérémonie officielle d’ouverture des Journées culturelles Bobo Madarè s’est déroulée ce samedi en présence de 20 chefs de village et a été suivie par des prestations d’artistes traditionnels et des danses de masques.

Les journées prendront fin dimanche par une parade culturelle des communautés et des masques dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Agence d’information du Burkina

Wis/ata

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here