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Electrification hors réseau : Le ROGEP fait un pas décisif à Ouagadougou

Ouagadougou (AIB)-Le Projet régional d’électrification hors réseau (ROGEP) a validé en présence de nombreux acteurs, le mardi 15 octobre 2019 à Ouagadougou, son rapport d’évaluation du marché de l’énergie solaire hors réseau au Burkina Faso, un pas de plus vers la fourniture d’électricité à moindre coût, au profit de plusieurs millions de personnes.

Après l’atelier de consultation du 22 novembre 2017,  le Centre  pour les énergies renouvelables et de l’Efficacité Energétique de la CEDEAO (ECREEE) a franchi une étape décisive dans la mise en œuvre du Projet régional d’électrification hors réseau (ROGEP).

En effet, l’atelier du 15 octobre 2019 a permis à ECREEE de valider avec ses partenaires burkinabè, le rapport  sur l’évaluation du marché de l’énergie solaire hors réseau  au Burkina Faso,  lancée   depuis  2018..

Le Représentant du Consultant  GreenMax Capital Advisors,  M. Yao a relevé des freins au nombre desquels, le faible pouvoir d’achat des consommateurs et le manque d’option de financement et le faible niveau de sensibilisation des populations concernant l’énergie hors réseau.

Il a aussi noté la détérioration du marché à cause de la concurrence imposée par le secteur informel, l’insuffisance de compétences locales qualifiées pour l’installation et la maintenance des équipements et le coût de transaction élevé du matériel lors de la distribution de l’importation et de la taxation.

Nonobstant ces difficultés, des lueurs d’espoirs et des opportunités existent.

Hamadou Tchiemogo s’est réjoui de la validation de l’étude.

L’on retiendra surtout que la demande en électricité hors réseau est forte au Burkina Faso et se décline au niveau des ménages, des institutions publiques (éclairage public, écoles, centre de santé…) et de l’utilisation productive (irrigation solaire, réfrigération solaire…).

La politique et l’action gouvernementales en faveur du secteur est également fort appréciable.

L’engagement du secteur privé dans le développement des solutions innovantes pour les populations, la forte présence des donateurs et le soutien de la communauté internationale, ont été soulignés par M. Yao de Greenmax.

Le Burkina Faso affiche un taux d’électrification national de 33%  soit 66% en milieu urbain et 3,4%  en milieu rural.

Pour inverser cette tendance à l’électrification moindre coût, Greenmax a préconisé trois options d’électrification : l’extension du réseau, les mini-réseaux et les systèmes solaires autonomes. La dernière option est l’option la plus adaptée pour la grande majorité des zones rurales.

En termes de potentialités, l’étude a édicté deux scenarii.

Le premier scenario stipule que d’ici à 2023, quelques 1639 localités burkinabè auront besoin d’une extension contre 2065 pour les mini-réseaux et 3896 pour les systèmes hors réseaux.

Pour le scénario de 2030, ce sont 5391 localités burkinabè qui auront besoin d’une extension contre 691 pour les mini-réseaux et 1 518 pour les systèmes hors réseaux.

M. Yao a mentionné que la taille totale du marché des ménages burkinabè va diminuer avec le temps mais va se concentrer dans les régions les plus isolées, notamment le Nord, le Sahel et l’Est.

Le coordonnateur par intérim du ROGEP Hamadou Tchiemogo  s’est réjoui de l’adoption du rapport. Il espère que l’organisation prochaine de la rencontre avec les institutions financières permettra d’arrêter les modalités et d’ouvrir des lignes de crédits pour les entreprises et les ménages.

Le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo a ouvert l’atelier.

M. Tchiemogo a rappelé que le ROGEP est financé à hauteur de 265 millions de dollars pour la période 2017-2023 pour les 15 pays membres de la CEDEAO et pour le Cameroun, le Tchad, la Mauritanie et la République centrafricaine.

Le volet technique sera exécuté par ECREEE et le volet financement par la Banque ouest africaine de développement (BOAD).

Le projet, financé par la Banque mondiale, le Fond des technologies propres et la coopération hollandaise,  permettra de répondre au besoin d’électrification de 200 millions de personnes dont 70% vivant en milieu rural.

Le représentant de la Banque mondiale, Nash Fifi Eyison a  indiqué que l’électrification hors réseau permettra d’atteindre en un temps court, plusieurs millions de personnes, soit 45% des habitants vivant sans électricité d’ici à 2030.

De son avis, la lutte contre la pauvreté passe par la fourniture d’électricité au plus grand nombre.

Nash Eyison a réaffirmé le soutien de la Banque mondiale au ROGEP.

M. Eyison a alors réaffirmé l’engagement et la détermination de son institution à accompagner le ROGEP.

Le ministre burkinabè de l’Energie Bachir Ismaël Ouédraogo a salué l’initiative qui entre selon lui, dans le projet de société du président du Faso Roch Kaboré.

Selon le ministre Ouédraogo, le temps des conférences sur l’énergie solaire est révolu, car les solutions sont connues et les compétences existent.

Pour lui, il est urgent que les décideurs et les élites mettent fin à cette injustice énergétique contre les populations défavorisées.

De ce fait, Bachir Ismaël Ouédraogo a insisté pour que l’enveloppe allouée aille effectivement aux bénéficiaires.

Agence d’information du Burkina

Tilado Apollinaire ABGA

 

 

 

 

 

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