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Procès du putsch de 2015 : 20 ans et 10 ans fermes pour Diendéré et Bassolé 

Ouagadougou, 2 sept. 2019 (AIB)-Le Tribunal militaire de Ouagadougou a condamné lundi matin, les généraux Diendéré et Bassolé respectivement à 20 ans et 10 ans de prison fermes pour leur implication dans le putsch de septembre 2015.

Les deux officiers supérieurs de l’armée burkinabè, ont également été déchus de leurs décorations par le Tribunal militaire de Ouagadougou.

Le verdict est intervenu après plus d’une année et demie de procès qui aura captivé toutes les attentions.

Le 17 juin dernier, le parquet militaire avait requis la prison à vie pour les deux Généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé.

L’Adjudant-chef major Badiel Eloi qui avait distribué les rôles pour l’arrestation des autorités de la Transition et leur incarcération, ainsi que la garde de certains lieux stratégiques du palais,  est condamné à 19 ans de prison fermes.

L’adjudant-chef  Moussa Nebié, dit Rambo et l’Adjudant Jean Florent Nion qui avaient fait irruption dans la salle du conseil des ministres pour arrêter les autorités de la Transition, écopent chacun  de 17 ans de prison ferme.

Le médecin lieutenant-colonel Mamadou Bamba qui avait annoncé le coup d’Etat sur les antennes de la télévision nationale est condamné à 10 ans de prison dont 5 ans avec sursis.

Le chef d’Etat-major particulier de la présidence du Faso au moment des faits, le colonel-major Boureima Kéré écope lui de 5 ans de prison dont 4 ans avec sursis.

Le Commandant Abdoul Aziz Korogo, qui avait été nommé à la tête de l’ex régiment de sécurité présidentiel (RSP), 16 jours avant le coup d’Etat, est condamné à 5 ans de prison avec sursis.

Les leaders politiques Léonce Koné et Herman Yaméogo sont condamnés chacun à 5 ans de prison avec sursis.

Déjà condamnés à 17 ans de prison fermes dans le procès de l’attaque de la poudrière de Yimdi, le sergent-chef Ali Sanou écope de nouveau de 15 ans de prison fermes.

Les Sergent-chef Lahoko Mohamed Zerbo et Roger Koussoubé, également déjà condamné dans l’attaque de Yimdi écopent aussi de 15 ans de prison fermes.

Le journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss qui s’était retrouvé au camp de la présidence dans la nuit de l’arrestation des autorités de la Transition, écope lui de 5 ans de prison ferme.

Les capitaines Abdoulaye Dao et Oussène Zoumbri prennent chacun 11 ans fermes et Minata Guelwaré écope de 10 ans de prison fermes.

7 accusés ont été acquittés par le Tribunal militaire pour charges non constituées.

Il s’agit du colonel Bationo Omer, du capitaine Saidou Gaston Ouédraogo, de l’adjudant-chef major Moutuan Combia, du Sergent Siénimi Médard Boué, de l’ancien Bâtonnier Mamadou Traoré, du caporal Issiaka Ouédraogo et de Fatoumata Thérèse Diawara.

Selon l’avocat des parties civiles Me Prosper Farama, «la victoire dans ce procès», c’est d’avoir réussi à juger les deux généraux et certains autres militaires qui étaient, il y a quelques années, selon ses dires «les hommes forts de ce pays».

«Ce que nous espérons, c’est que le verdict de ce procès soit le glas sonné de tous ceux qui pensent qu’on peut accéder au pouvoir par la force au Burkina Faso surtout en assassinant».

De son côté, l’avocat de la Défense Me Mathieu Somé de la Défense, juge le verdict du Tribunal «excessif».

Selon lui, le Tribunal militaire ne peut pas condamner ses clients pour attentat à la sureté de l’Etat parce selon lui, «il n’y avait pas d’Etat légal le 16 septembre 2015».

«L’article 167 de la Constitution dit que tout pouvoir légal doit tirer sa source de la Constitution. Or le pouvoir qui était en place le 16 septembre 2015, était assis sur une charte et non la Constitution» a-t-il affirmé.

Selon la loi, les condamnés peuvent faire appel dans les quinze jours à venir pour qu’ils soient rejugés devant la deuxième chambre du tribunal militaire de Ouagadougou.

En cas d’insatisfaction devant cette juridiction, ils ont de nouveau, la possibilité de porter leur affaire devant la Cour de cassation.

Agence d’Information du Burkina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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