Burkina-Politique-Code Pénal-Modification

Nouveau code pénal: «Ce n’est pas une restriction de liberté d’expression», estime la majorité présidentielle 

Ouagadougou, 25 juil. 2019 (AIB) – L’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) a estimé jeudi, que la nouvelle loi portant sur le code pénal, notamment sur la publication d’informations liées aux attaques terroristes, n’est pas une restriction de la liberté d’expression mais plutôt une stratégie pour vaincre le terrorism.

«Il ne s’agit pas pour nous de restreindre les libertés, surtout celle d’expression, obtenue après de longue lutte mais de nous mettre en phase avec les réalités du moment, marqué par l’anarchie dans l’utilisation des réseaux sociaux. Nous pensons qu’il est plus qu’impérieux de réglementer l’utilisation des réseaux sociaux dans ce contexte de terrorisme et de radicalisation grandissant afin de garantir à notre peuple les chances de vaincre l’hydre morbide», a indiqué le porte-parole de l’APMP, Simon Compaoré.

M. Compaoré, par ailleurs, président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP,  au pouvoir), s’exprimait au cours d’une conférence de presse tenue mardi à Ouagadougou.

En rappel c’est  le 21 juin dernier que le parlement burkinabè a adopté un décret portant modification du Code pénal du 31 mai 2018 comportant des dispositions qui permettent désormais à l’autorité de sanctionner la publication de certaines informations liées aux attaques terroristes.

Des organisations professionnelles des médias et certaines organisations de défenses des droits de l’homme, soulignant le caractère liberticide de cette modification qui constitue selon elles, une restriction de la liberté de presse et d’expression, l’avait rejeté à travers une conférence de presse.

Ces organisations avaient également prévu faire du bruit pour demander la non promulgation de la loi par le chef de l’Etat Roch Kaboré, mais ont due surseoir à  leurs activités, suite à l’auto-saisine de la loi par Conseil constitutionnel le 3 juillet dernier.

Mais cette instance de dernier recours (Conseil Constitutionnel) a, dans sa décision rendue public le 19 juillet 2019, jugé la loi conforme à la Constitution.

Simon Compaoré, tout en saluant, cette décision du Conseil constitutionnel, a laissé entendre que «même les grands pays qui nous ont montré ce que c’est ce que la liberté de presse sont formels sur les questions de régulation des communications et de l’utilisation des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)».

«Dans tous les pays du monde, la régulation des communications et de l’utilisation des réseaux et des NTIC participent à la lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme qui se développent grandement et compromettent dangereusement la sécurité dans tous les pays du monde», a-t-il soutenu.

Le président par intérim du MPP, a expliqué que la régulation des NTIC, plus qu’une nécessité, est «primordiale pour une meilleure prise en compte de tous les paramètres entrant en ligne de compte dans la lutte contre le terrorisme».

«Certains pensent que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, pourtant elle comporte des limites. Il y a des règles en jeu pour faire en sorte que ce bien précieux qu’est la liberté puisse être utilisé intelligemment», a-t-il conclu.

Agence d’information du Burkina

RS/no/ ak

Crédit photo: Wakatséra.com

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