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Société d’Etat : Sidwaya a besoin de 7,5 milliards de FCFA et des exonérations fiscales

Ouagadougou, 17 mai 2019 (AIB)-Les Editions Sidwaya peuvent se muer en  «société d’Etat viable»,  à condition que l’Etat burkinabè  consent à investir 7, 5 milliards de FCFA et à accorder à l’entreprise publique de presse, cinq ans d’exonérations fiscales, a appris l’AIB vendredi, lors d’une Assemblée générale sur le sujet.

Au cours de la rencontre qui a rassemblé les agents de l’entreprise, le Directeur général des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiégna a livré les travaux d’un cabinet d’étude portant sur la transformation de ‘’la maison commune’’ en société d’Etat.

« Selon les experts, le passage des Editions Sidwaya est possible sous réserve que l’Etat satisfasse deux exigences », a affirmé M. Tiégna, précisant qu’il faudrait « une exonération fiscale sur cinq ans, afin de permettre le lancement de la nouvelle société d’Etat et la consolidation des acquis ».

L’autre exigence, a-t-il poursuivi, concerne « des investissements à réaliser par l’Etat à hauteur de 7 milliards 585 millions de FCFA, afin de rendre la société d’Etat viable et pérenne ».

Plutôt, le DG a indiqué que «les diagnostics opérés sur la base des années 2014 à 2016, révèlent que la structure d’exploitation actuelle est faible. Ce qui lui ôte toute possibilité de supporter un emprunt».

Mahamadi Tiégna a aussi précisé qu’en cas de transformation en société d’Etat, «le fort besoin en ressources humaines dans certains services» et les départs à la retraite, militent en faveur du maintien du personnel actuel.

«Le statut de société d’Etat est une avancée en termes de procédures, de capacités et d’actions. Mais il convient de garder à l’esprit, que ce statut dont on parle tant,  n’est pas une panacée. Les déboires de certaines sociétés (d’Etat) dans notre pays, peuvent nous en donner l’illustration», a-t-il cependant tempéré.

Mahamadi Tiégna a rappelé qu’au terme de l’article 6 de la loi : «Les entreprises de presses publiques sont des sociétés d’Etat. Toutefois, l’Etat peut créer des entreprises de presses publiques avec un statut d’Etablissements publics de l’Etat (EPE)».

Pour le représentant du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) Rufin Paré, la présente assemblée générale se tient uniquement parce que son syndicat a manifesté son impatience  le 7 mai dernier.

«Nous sommes tous capables d’analyse. Il ne faudrait pas que les gens nous servent du dilatoire. Monsieur le DG,  si le ministre vous a dit de nous rassembler pour nous dire cela, il faut lui dire que ça ne marchera pas ! Les vrais travailleurs qui se sont battus pour obtenir le protocole d’accord, n’ont pas encore changé de nationalité. Nous allons toujours nous battre pour que la société d’Etat puisse voir le jour», a-t-il clamé.

Ruffin Paré s’est aussi opposé au projet de détachement de l’Agence d’information du Burkina (AIB) des Editions Sidwaya, estimant que la perte de «ce poumon économique» compromettrait le passage en société d’Etat, sans pour autant garantir aux travailleurs de l’AIB, des meilleures conditions de vie et de travail.

Le Rédacteur en chef de l’AIB Tilado Apollinaire Abga s’est étonné que le SYNATIC défende le maintien de l’AIB au sein des Editions Sidwaya, sans prendre la peine de recueillir officiellement les avis des agents qui y travaillent.

M. Abga a fait remarquer que l’AIB fait partie des rares agences africaines qui n’a pas d’autonomie et qu’il faut résoudre ce disfonctionnement tôt ou tard.

Selon Tilado Apollinaire Abga,  l’AIB ne doit pas être considérée comme une bouée de sauvetage, mais un outil à perfectionner pour qu’elle serve pleinement les intérêts supérieurs de la Nation, comme toutes les agences nationales dignes de ce nom.

De l’avis de Abdoulaye Balboné, membre du SYNATIC, l’AIB peut remplir correctement ses missions au sein des Editions Sidwaya, si ses besoins en ressources humaines et en matériel sont couverts.

Agence d’information du Burkina

ATA/ak

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