Burkina/Putsch 2015: La défense dénonce la violation de la vie privée du général Diendéré

Ouagadougou, 4 avril 2019 (AIB) – Les avocats de la défense se sont insurgés hier mercredi au Tribunal militaire de Ouagadougou, de la diffusion de vidéos dont certains selon eux, violent la vie privée du général Gilbert Diendéré.

Dans la journée de mardi, une vidéo du général Gilbert Diendéré, filmée par son fils Ismaël où le général est en compagnie de sa femme Fatou et de deux leaders politiques de l’ex parti au pouvoir le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a été présenté au procès du putsch.

Hier mercredi, l’un des avocats du général Diendéré, Me Olivier Yelkouni a estimé que cette vidéo n’apporte rien à la procédure mais viole plutôt la vie privée du général Diendéré.

«Tout est mis pour le dépouiller de toute son humanité», a-t-il affirmé.

Pour le parquet militaire par contre, ces vidéos sont des éléments en rapport avec les pièces du dossier ainsi que les débats qui sont tenus au Tribunal.

«Ce n’est pas parce que la scène a été filmée au domicile du général Diendéré qu’elle viole sa vie privée», a-t-il déclaré.

Appelé à la barre pour donner des observations sur la vidéo, le général Diendéré a déclaré qu’il n’a rien à dire parce qu’il n’a pas réalisé la vidéo.

Commentant les vidéos montrant, des éléments du RSP bastonnant les manifestants, Me Prosper Farama des parties civiles, a estimé qu’il s’agit d’«un véritable film d’horreur».

Selon Me Régis Bonkoungou de la défense,  on ne peut pas mettre la totalité des responsabilités des dégâts et des meurtres du putsch de septembre 2015, sur le RSP parce que selon lui, des manifestants ont aussi fait usage de violence au cours de la période.

Pour le parquet militaire, «quand on tient de tels discours, on met les bourreaux et les victimes dans le même sac».

«Est-ce que les populations se sont levées sur la base de rien pour ériger des barricades ?», s’est-il s’interrogé.

Selon le parquet militaire, l’action des populations est de la désobéissance civile reconnu par la constitution burkinabè face à une forfaiture.

Me Régis Bonkoungou dit aussi avoir relevé des incohérences dans les dires du directeur de la radio Laafi de Zorgho en ce sens que selon lui, son client le sergent-chef Ali Sanou n’est pas allé à Zorgho à bord d’un véhicule 4 X 4 bariolée comme l’a affirmé le directeur de la radio Laafi.

Selon ses dires, son client lors de son passage à la barre a affirmé qu’il n’avait pas de roquettes en sa possession au moment de cette mission donc n’a pas pu contribuer à l’incendie de la radio.

Le parquet a rappelé les propos de l’accusé lors de son interrogatoire devant le juge d’instruction où il aurait affirmé qu’à leur arrivée à la radio de Zorgho, le sergent-chef Mohamed Zerbo a demandé au soldat de deuxième classe Seydou Soulama de sortir la roquette pour incendier la maison.

Selon le parquet militaire, les accusés ne peuvent pas dire une chose devant le juge d’instruction et venir dire une autre devant le Tribunal militaire et souhaité qu’on abandonne leurs précédents dires.

Mais pour l’avocat de la défense Me Idrissa Badini, les propos de l’accusé devant le Tribunal militaire sont plus importants que ceux qu’il tient devant le juge d’instruction.

Un nouveau film de plus d’une heure sur le putsch de septembre 2015,  a ensuite été diffusé.

Il sera sujet de débats le vendredi 5 avril 2019 au Tribunal militaire de Ouagadougou.

 

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU

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