Burkina/Putsch 2015: Des éléments sonores confirment une connexion entre l’ex-RSP et des politiciens

Ouagadougou, 2 avril 2019 (AIB) – Des éléments sonores diffusés, hier lundi au Tribunal militaire de Ouagadougou, confirment que des leaders politiques ont reçu en septembre 2015, de l’argent pour soutenir les putschistes de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Le Tribunal militaire de Ouagadougou a diffusé, hier lundi, un élément sonore attribué  au capitaine Abdoulaye Dao et un civil du nom de Ilboudo a été diffusé.

Commentant ledit élément sonore, le parquet militaire a estimé qu’il confirme la connexion qui a existé, au temps du putsch, entre le défunt RSP et des éléments politiques.

«Dans l’élément sonore, le capitaine Dao dit à son interlocuteur qu’eux du RSP ont fait leur travail mais ils n’ont pas eu le soutien de leurs amis politiques qu’ils ont pourtant arrosés d’argent», a affirmé le parquet militaire.

Abordant dans le même sens, l’avocat des parties civiles Me Guy Hervé Kam, a estimé que l’élément sonore prouve que l’argent a été envoyé par le chef d’Etat-major particulier de la présidence ivoirienne, le général Diomandé Vagondo au profit des hommes politiques.

Et cette somme devait servir, selon ses dires,  aux responsables de l’ex parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), à manifester pour soutenir le putsch et contrecarrer ceux qui s’y opposaient.

Dans l’élément sonore, le capitaine Dao affirme qu’il n’est pas question pour le RSP de désarmer et qu’ils vont trouver un autre ressort pour rebondir, a expliqué Me Guy Hervé Kam.

Dans un autre élément sonore diffusé lundi, il est fait cas des 5 millions de FCFA données au moment du putsch par le général Djibrill Bassolé, par l’intermédiaire de son protocole Alidou Sawadogo à Ismaël Diendéré (fils du général Diendéré).

L’élément sonore prouve contrairement aux affirmations du général Bassolé et d’Alidou Sawadogo lors de leur passage à la barre, que la somme a servi à motiver les soldats du RSP à la résistance a expliqué le parquet militaire.

Pour Me Guy Hervé Kam, ces éléments sonores accablants justifient la nervosité d’Alidou Sawadogo lorsqu’il lui posait des questions lors de son passage à la barre.

«Alidou Sawadogo s’en prenait à nous quand on l’interrogeait, or son témoignage était la thèse du faux témoignage», a-t-il affirmé.

Pour Me Awa Sawadogo, des parties civiles, le témoin Alidou Sawadogo lors de son témoignage a voulu cacher quelque chose au bénéfice du général Bassolé.

Elle a souhaité si possible que ce dernier soit poursuivi pour faux témoignage.

Dans le dernier élément sonore diffusé, l’on entend la voix de Minata Guelwaré, militante du CDP, qui s’exprimait dans les locaux de la radio Oméga FM, quelques heures après l’arrestation des autorités de la Transition.

Dans un message relayé ensuite en dioula et mooré par des personnes qui l’accompagnaient, elle a invité les populations à sortir pour soutenir les putschistes car, selon ses dires, «la transition voulait assassiner la démocratie».

Dans la soirée de ce lundi, les premiers éléments vidéo liés au putsch ont été diffusés.

 

Ces éléments vidéo présentent l’arrivée au Burkina Faso, des chefs d’Etats sénégalais Macky Sall et béninois Yayi Boni pour la résolution de la crise née de la prise de pouvoir par le RSP.

On y voit également des images de protestations des populations des villes de Ouahigouya, Dédougou et Fada N’Gourma contre le putsch.

La diffusion des éléments vidéo se poursuit ce mardi 2 avril 2019 au Tribunal militaire de Ouagadougou.

 

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU

Image d’archives

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