Burkina/Putsch 2015: Le général Diendéré et les stratégies pour son maintien au pouvoir (éléments sonores)

Ouagadougou, 30 mars 2019 (AIB) – Après la réinstallation du gouvernement de la Transition burkinabè le 23 septembre 2015, plusieurs stratégies ont été proposées au général Gilbert Diendéré pour lui permettre de reprendre le pouvoir, c’est ce que révèlent des éléments sonores diffusés, hier vendredi,  au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Dans l’un des éléments sonores diffusé ce vendredi, et attribué au général Diendéré et à l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, le second rassure le premier en affirmant qu’il a confié son  affaire (maintien au pouvoir)» à des charlatans.

«Ils sont en train de faire le point. J’ai déjà acheté un cheval et un chameau en ton nom. Ils te disent de te tranquilliser (…). Il y aura un nouveau type de Transition et après ça, toi tu viendras au pouvoir», affirme la voix attribuée au président Soro Guillaume.

Cependant, le prétendu Soro Guillaume sûr de son fait, invite le général Diendéré à ne pas l’oublier une fois aux affaires.

«Toi Diendéré, tu seras président du Burkina Faso. Le jour où tu seras président, si tu m’oublies, c’est là que palabre va commencer (Rires)».

Dans un autre élément sonore daté du 29 septembre 2015, la voix attribuée à Soro Guillaume demande au général Diendéré de trouver un œuf de poulet africain, de parler sur l’œuf, de le frotter sur son corps et de le jeter à terre.

«Et je dis quoi ? Je n’ai rien à dire ?», a demandé le prétendu général Diendéré à Soro Guillaume qui lui répond en ces termes.

«Tu dis ‘‘ moi Diendéré, je suis dans une cause qui est juste. Je défends mon peuple et les jeunes qui m’ont suivi. Qu’aucun de ces jeunes ne puisse me trahir et que la confrontation qui va venir là, que tu puisses me protéger et protéger mes enfants et mes jeunes combattants pour la victoire’’ et tu jettes l’œuf. C’est tout».

Un autre élément sonore est attribué cette fois au général Diendéré et à un français du nom de Roger Sebbagh qui donne une stratégie à l’éphémère président du Conseil national de la démocratie (CND).

Il recommande au général Diendéré d’organiser une opération de neutralisation du gouvernement de transition.

Ensuite de mettre en place un conseil national de salut public composé d’acteurs civils et militaires et présidé par le général Djibrill Bassolé qui pourra le protéger lui et ses hommes.

La voix attribuée au général Diendéré répond «on va réfléchir» avec beaucoup d’hésitations.

Le Français riposte : «Attention, il ne faut pas que la réflexion tue l’action. Si vous restez inactifs, dites-moi ce qui va se passer  (…) Ils vont dissoudre le régiment et vous serez livrés à eux. Vous savez les balles perdues, ça existe hein !».

«On va voir» répond la voix attribuée au général Diendéré et la voix attribuée au français insiste.

«Il faut agir, si vous restez là à dire, on va voir, le temps joue contre vous. Ils vont vous envoyer en cours martiale. Ils en sont capables hein !».

Dans un autre élément sonore, c’est un malien Sidi Lamine Oumar, membre de la coordination des mouvements de l’Azawad qui appelle le général Diendéré à résister mais ce dernier n’a plus le cœur à l’ouvrage.

«Vous ne pouvez pas résister ?», demande Sidi surpris de la décision du général Diendéré et ce dernier lui répond.

«Non, Il y a beaucoup de nos gens (soldats) qui sont partis. Donc, ce n’est pas la peine de chercher à résister».

«Donc, vous allez vous rendre ?», demande Sidi déçu et le général Diendéré lui répond «oui».

«Dommage, vraiment dommage», conclut Sidi avec une voix pleine de déception.

Selon l’avocat des parties civiles, Me Guy Hervé Kam, le général Diendéré n’a pas mis en œuvre les différents stratégies qui lui ont été proposés parce qu’il n’avait pas les moyens pour le faire et non parce qu’il ne voulait pas.

Pour le parquet militaire, tous ces plans concoctés, démontre la détermination du général Diendéré à prendre le pouvoir et à garder la main  mise sur ses éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), afin qu’ils combattent pour lui assurer la victoire.

Tout au long de la journée, les avocats de la défense ont continué à nier la paternité des éléments sonores attribués à leurs clients.

Le président du Tribunal militaire Seidou Ouédraogo, avant de suspendre la séance du jour, a rejeté la demande de liberté provisoire introduite par le caporal Sami Da.

La diffusion des éléments sonores se poursuit le lundi 1er avril 2019 au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Agence d’information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU

Photo d’archives (Prise en début du procès, février 2018)

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