Burkina/Putsch 2015 : «Je n’étais pas dans le bureau du chef de corps» (Caporal Sami Dah)

Ouagadougou, 25 Janvier 2019 (AIB)- Pour son second passage, mercredi devant la barre du Tribunal militaire, le caporal Sami Dah a nié avoir été dans le bureau du chef de corps où le général Diendéré a rencontré les officiers de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Plusieurs officiers dont le chef de corps adjoint le commandant Abdoul Aziz Korogo et le Colonel-major Boureima Kéré, ont affirmé au cours de leurs auditions que le Caporal Sami Dah était présent armé dans le bureau du chef de corps, pendant la réunion entre le général Diendéré et les officiers du régiment.

«Je n’étais pas dans le bureau du chef de corps comme l’ont affirmé les officiers», a réagi mercredi le mis en cause devant le Tribunal militaire.

Selon lui, pendant la réunion, il est plutôt resté au secrétariat du poste de commandement (PC) sur ordre  de l’adjudant-chef Moussa Nébié dit «Rambo».

La version de l’accusé est appuyée par celle du général Gilbert Diendéré qui avait affirmé lors de son passage à la barre, que le Caporal Sami Dah n’était pas dans le bureau.

Le caporal Sami Dah a aussi nié avoir fait irruption dans la salle du conseil des ministres.

L’accusé dit ne rien savoir du commando qui a arrêté les autorités de la Transition et pourtant l’adjudant Florent Nion a affirmé que c’est lui qui a gardé la porte d’entrée.

 

L’accusé a néanmoins reconnu avoir reçu en deux temps, une somme de 6 millions de FCFA de l’ex premier ministre Yacouba Zida par l’entremise du capitaine Flavien Kaboré pour avoir déjoué un putsch en juillet 2015 contre la Transition.

«J’ai appris que des soldats se sont réunis pour mettre fin à la Transition, j’ai informé le Capitaine Flavien Kaboré et le coup a été déjoué » a-t-il affirmé.

Le Caporal Sami Dah a expliqué que le 16 septembre 2015, c’est le sergent-chef Roger Koussoubé qui l’a appelé sur instruction de l’adjudant Jean Florent Nion, de venir au camp, sans lui signifier ce qui se passait.

A son arrivée au camp, selon ses dires, il a trouvé le sergent-chef Roger Koussoubé qui lui a intimé l’ordre d’embarquer dans un véhicule qui se dirigeait vers la salle où se tenait le conseil des ministres.

S’il reconnait être arrivé devant la salle du conseil des ministres, il nie avoir été à l’intérieur pour les arrestations.

Selon lui, si à son arrivée au camp, s’il n’avait pas vu le sergent-chef, il n’allait pas monter dans le véhicule pour la salle du conseil des ministres.

Pour l’avocate de l’accusé Me Antoinette Boussim, aucun élément matériel ne permet de soutenir que son client est trempé dans le coup d’Etat.

Le caporal Sami Dah est poursuivi pour attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre sur 13 personnes, coups et blessures sur 42 personnes et destructions de biens.

 

 

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU

Photo d’illustration

 

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