Burkina/ Putsch 2015 : «Ma résidence surveillée est une prison taillée sur mesure» (Djibril Bassolé)

Ouagadougou, 14 Janvier 2019 (AIB)-Le Général Djibril Bassolé a estimé lundi que la résidence surveillée où il est assigné depuis le 11 octobre 2017, est «une prison taillée sur mesure avec une restriction de liberté plus corsée que celle de la  maison d’arrêt et de correction des Armées».  

«Le ministre de la Défense a un pris un arrêté pour m’empêcher de jouer à la pétanque dans la cour de la résidence. Le 31 décembre dernier, ma fille et son grand frère, venus de l’étranger ont été empêché par la garde d’avoir accès à la résidence pour fêter quelques heures avec moi» a affirmé  lundi, le Général Djibril Bassolé.

Le Général Djibril Bassolé a fait ses déclarations, suite à une question de son avocat Yérim Thiam qui voulait démontrer au Tribunal militaire que la résidence surveillée de son client n’est rien d’autre qu’une autre prison.

«On vous soupçonne de coup d’Etat parce que vous avez remis 5 millions à Ismaël Diendéré (fils du Général Diendéré). Est-ce que la somme de 5 millions suffit pour faire un coup d’Etat ?», a demandé l’avocat Me Yérim Thiam à son client.

« Je n’ai pas l’expérience des coups d’Etats mais je pense que 5 millions, c’est insuffisant. Cependant, celui à qui j’ai remis l’argent (Ismaël Diendéré), je le considère comme mon fils. Il avait besoin de la somme pour des besoins sociales», a répondu le Général Djibril Bassolé.

Le Général Djibril Bassolé s’exprimait, au septième jour de sa comparution devant le Tribunal militaire de Ouagadougou.

Une journée au cours de laquelle, ses avocats se sont succédé devant le Tribunal militaire, pour tenter de démontrer une fois de plus, la faussété des écoutes téléphoniques qui incrimineraient leur client.

Me Yérim Thiam a passé de longues minutes à lire les propos qui sont attribués à son client lors des échanges téléphoniques que ce dernier aurait eus avec  le président de l’Assemblée nationale ivoirienne  Guillaume Soro.

Il a demandé à savoir en quoi, les propos tenus par son client lors de cette «prétendue» conversation peuvent être qualifiés de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat ou de trahison.

Selon Me Dieudoné Bonkoungou, «il n’y a aucune possibilité pour le parquet militaire de tirer des éléments matériels factuels d’accusation du Général Bassolé dans ses éléments sonores pris sur internet».

Il en veut pour preuve que l’expert allemand Herman Künzel, commis par la justice militaire burkinabè pour expertiser les écoutes téléphoniques, est arrivé à la conclusion que les bandes sont «inexploitables».

Selon lui, dans son rapport, l’expert allemand Herman Künzel a indiqué qu’ «il est impossible de savoir quoi que ce soit à partir de ces enregistrements, pour la simple raison qu’il s’agit de copies».

Me Dieudonné Bonkoungou a rappelé que les avocats du Djibril Bassolé avaient aussi demandé à un expert français Norbert Pheulpin, d’expertiser la bande qui incriminerait leur client.

Ce dernier, de l’avis de Me Dieudonné Bonkoungou est arrivé à la conclusion que «la pièce investiguée n’est pas authentique, elle a été manipulée».

Le premier Général de Gendarmerie du Burkina Faso Djibril Bassolé est poursuivi pour  complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre sur 13 personnes, coup et blessures sur 42 personnes et trahison, en rapport avec le coup d’Etat de septembre 2015.

Son audition se poursuit ce mardi 15 janvier 2019 à partir de 9 heures au Tribunal militaire de Ouagadougou avec la suite des arguments de ses avocats.

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU

Photo d’archive : lefaso.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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