Sahel : La recherche active et la surveillance électronique pour vaincre le noma

Dori, (AIB)-Le projet de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la prévention du noma au Burkina Faso (PSRCPNBF) a organisé à Dori le mercredi 19 décembre un atelier de restitution des résultats de l’analyse situationnelle des capacités des acteurs sur la mise en place d’un système de recherche active et de surveillance électronique du noma dans la région du Sahel.

Réalisée du 20 au 25 mai 2018 dans les quatre districts sanitaires de la région du Sahel, l’étude a été suscitée par l’absence de mécanismes spécifiques de surveillance du noma, la faible notification, le dépistage tardif des cas, la prise en charge lourde et coûteuse des patients et la létalité élevée. Pour ce faire, le représentant du PSRCPN/BF, Dr Souleymane Bougoum, a indiqué que l’objectif général de l’étude a consisté à faire un état des lieux approfondi des conditions de mise en œuvre d’un système de surveillance du noma dans le Sahel.

En termes de résultats, l’étude a permis d’interviewer 34 personnes essentiellement des agents de santé, des agents de santé à base communautaire (ASBC), des membres du Réseau des radios de proximité du Sahel (RAPS) et des membres d’Organisations de la société civile (OSC). Par ailleurs, il ressort que la recherche active des éventuels cas de noma se fera grâce aux 1 442 ASBC qui travailleront avec les infirmiers chefs de poste (ICP) des 109 CSPS de la région. Puis, à la détection d’un cas de noma, les ICP par le biais d’un mécanisme de surveillance électronique via la téléphonie mobile alerteront par message les responsables du PSRCPN/BF en vue d’évacuer rapidement le patient sur Ouagadougou pour une prise en charge diligente. Selon Dr Bougoum, l’étude ne visait pas l’état épidémiologique, mais plutôt connaitre comment les cas de noma parvenant aux formations sont recherchés. « Dans ce sens, l’étude a montré qu’il y avait peu de notifications de cas de noma parce que les gens devraient se déplacer pour venir au CSPS et on sait que c’est une maladie un peu honteuse tant et si bien que les gens refusent de se rendent vers les agents de santé » détaille-t-il les obstacles.

C’est dans le but de restituer les conclusions de l’analyse situationnelle des capacités des acteurs sur la mise en place d’un système de recherche active et de surveillance électronique du noma dans la région du Sahel que le PSRCPN/BF a organisé le mercredi 19 décembre 2018 dans la capitale du Liptako l’atelier qui a regroupé une trentaine de participants composés des membres du projet et du RAPS ainsi que des agents de santé.

Une vingtaine d’activités programmées en 2019

Pendant l’atelier, les participants ont formulé des recommandations pour la mise en œuvre de la stratégie de programmation des activités. A cet effet, les mêmes participants se sont retrouvés le lendemain jeudi 20 décembre 2018 toujours à Dori pour planifier les activités et définir un calendrier d’exécution pour 2019. De l’avis de Dr Souleymane Bougoum, les activités préparatoires ont déjà commencé. Par ailleurs, il a fait savoir que la stratégie sera mise en place à partir de janvier 2019 avec une série de formations de tous les acteurs de la chaine en l’occurrence les agents de santé, les ASBC, les membres du RAPS et les OSC afin d’être bien outillés pour pouvoir contribuer activement à l’atteinte des résultats escomptés. En clair, a confié Dr Bougoum, une vingtaine d’activités ont été programmées pour 2019. Et d’ajouter que l’objectif recherché par le projet est que le noma ne soit plus un problème de santé au Sahel.

Prenant la parole au nom de la direction de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles, Dr Rose Drabo a salué les efforts consentis par le PSRCPN/BF. Elle a en outre ajouté que le projet contribue énormément à la promotion de la santé bucco-dentaire et de la lutte contre le noma. Au regard des acquis engrangés sur le terrain, Dr Drabo a exhorté d’autres bonnes volontés à emboiter le pas au  PSRCPN/BF qui accompagne depuis quelques années le ministère de la santé. « Une détection, une consultation et une prise en charge rapides des affections permettrait d’éviter le noma qui est une maladie non transmissible », a-t-elle conclu. Quant au directeur régional de la santé du Sahel Dr Hamed Sidwaya Ouédraogo, il a félicité le PSRCPN/BF car avec des innovations, on peut améliorer la notification des cas. A l’endroit de la population, il a demandé une franche collaboration de sorte que le noma soit bouté hors du Sahel. Concernant ses agents sur le terrain, Dr Ouédraogo a également demandé un accueil courtois et une prise en charge de qualité pour mieux accompagner la chaine d’acteurs communautaires qui appuient le système de santé.

Souaibou NOMBRE

Snombre29@yahoo.fr

 

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