{"id":2415,"date":"2019-02-28T00:00:57","date_gmt":"2019-02-27T23:00:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=2415"},"modified":"2019-02-27T15:31:29","modified_gmt":"2019-02-27T14:31:29","slug":"marche-sous-sol-a-bobo-dioulasso-la-nouvelle-vie-des-femmes-de-lex-leguemalogo","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.aib.media\/regions\/2019\/02\/28\/marche-sous-sol-a-bobo-dioulasso-la-nouvelle-vie-des-femmes-de-lex-leguemalogo\/","title":{"rendered":"March\u00e9 \u00ab\u00a0sous-sol\u00a0\u00bb \u00e0 Bobo-Dioulasso:  la nouvelle vie des femmes de l\u2019ex \u00ab\u00a0l\u00e9gu\u00e9malogo\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>March\u00e9 <em>\u00ab\u00a0sous-sol\u00a0\u00bb <\/em>\u00e0 Bobo-Dioulasso<\/strong><\/p>\n<p><strong>La nouvelle vie des femmes de l\u2019ex \u00ab<em>\u00a0l\u00e9gu\u00e9malogo<\/em>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le march\u00e9 de l\u00e9gumes appel\u00e9 <em>\u00ab\u00a0sous-sol\u00a0\u00bb<\/em> du quartier Y\u00e9gu\u00e9r\u00e9 au secteur 22, accueille depuis des ann\u00e9es, les femmes vendeuses de l\u00e9gumes d\u00e9guerpis de l\u2019ex \u00ab\u00a0<em>l\u00e9gu\u00e9ma L\u00f4g\u00f4<\/em>\u00a0\u00bb de Bobo-Dioulasso. Elles sont nombreuses ces femmes qui font la vente de ces produits maraichers, leur gagne-pain quotidien en d\u00e9pit des difficult\u00e9s. Notre \u00e9quipe y a fait un tour, le lundi 18 f\u00e9vrier 2019.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2418\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_03-4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_03-4-300x200.jpg 300w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_03-4-630x420.jpg 630w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_03-4.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Elles sont toutes des femmes. \u00a0M\u00e9nag\u00e8res, m\u00e8res \u00a0au foyer, elles se battent pour contribuer au fonctionnement de leurs familles respectives. Elles, ce sont les vendeuses des condiments frais au march\u00e9 commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00ab\u00a0L\u00e9gu\u00e9ma L\u00f4g\u00f4\u00a0\u00bb. Assises sous des hangars de circonstances, ou sous des arbres, ces femmes y vendent des l\u00e9gumes notamment la tomate, le choux, le haricot vert, le piment et bien d\u2019autres. Le lundi 18 f\u00e9vrier 2019, notre \u00e9quipe\u00a0 de reportage a fait un tour dans ce march\u00e9 afin de toucher du bout des doigts le quotidien de ces vendeuses. \u00a0Une activit\u00e9 qui nourrit son homme, selon les vendeuses, m\u00eame si la p\u00e9riode, c\u2019est-\u00e0-dire mi-janvier \u00e0 fin mars, n\u2019est pas propice. En effet, selon les femmes, cette activit\u00e9 permet aux uns et aux autres de bien manger ce moment pr\u00e9cis o\u00f9 l\u2019offre d\u00e9passe la demande. Sita Sanou, pr\u00e9sidente des vendeuses des l\u00e9gumes du march\u00e9, qui vend les l\u00e9gumes depuis sa tendre enfance, a rappel\u00e9 que leur premier site \u00e9tait sis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du stade Wobi de Bobo-Dioulasso. Mais pour des raisons d\u2019am\u00e9nagement de la ville, elles avaient \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es de quitter les lieux sous la pression polici\u00e8re en 2012. Un \u00e9pisode que certains ont travers\u00e9 difficilement, et d\u2019autres ne se sont pas toujours remises de cette \u00e9preuve, a-t-elle relat\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Associer la vente \u00e0 la production des l\u00e9gumes<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2416\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_01-5-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_01-5-300x200.jpg 300w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_01-5-630x420.jpg 630w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_01-5.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Apr\u00e8s 7 ans, beaucoup d\u2019eau a coul\u00e9 sous les ponts, et les unes et les autres tentent bien que mal d\u2019aller de l\u2019avant malgr\u00e9 les p\u00e9rip\u00e9ties, nous confie Mme Sanou. <em>\u00ab\u00a0Les gens pensent que nous faisons que vendre seulement les condiments, mais la r\u00e9alit\u00e9 est toute autre\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-elle poursuivi. Les femmes qui exercent dans ce m\u00e9tier contribuent \u00e0 la production de ces l\u00e9gumes, nous a-t-elle expliqu\u00e9. Selon la pr\u00e9sidente Sanou, les femmes octroient les semences, les intrants, les pesticides aux producteurs. \u00a0Des intrants qui coutent de plus en plus ch\u00e8res, le sac de 50 kg de l\u2019engrais tourne autour de 17 500 F CFA. <em>\u00ab\u00a0Les p\u00e9pini\u00e8res ne prennent pas souvent donc il faut reprendre des travaux qui ont un co\u00fbt\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-elle signifi\u00e9. En plus de ces investissements, il faut du carburant pour les motopompes.\u00a0 Souvent il faut encourager les producteurs en esp\u00e8ce parfois. <em>\u00ab\u00a0Avec de tels \u00a0investissements\u00a0 aux r\u00e9coltes \u00a0tu as le monopole de leur production\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-elle ajout\u00e9. Toute comme la pr\u00e9sidente, Adiata Sanou, une autre vendeuse nous confie qu\u2019actuellement, il ne fait pas bien d\u2019\u00eatre vendeuse parce que c\u2019est le moment des vaches maigres. En effet, \u00e0 l\u2019en croire, \u00a0les l\u00e9gumes viennent de partout notamment de Banak\u00e9l\u00e9daga, de Faramana, de Kouka, de N\u2019Dorola. Dans les diff\u00e9rents champs, les productions sont matures. Le v\u00e9hicule de marque Peugeot b\u00e2ch\u00e9 bien charg\u00e9 de choux en cette p\u00e9riode si tu n\u2019as pas la chance, il est difficile d\u2019avoir 75\u00a0000 F CFA. C\u2019est la m\u00eame chose pour toutes les autres sp\u00e9culations en dehors de la carotte qui fait toujours les beaux temps des vendeuses. Selon dame Adiata, le seau plein de tomate se vend actuellement 500 F CFA, et rempli de tomate peut couter environ 4\u00a0000 \u00e0 5 000 F CFA. Toujours dans cette abondance, le panier de la m\u00eame sp\u00e9culation coute 2\u00a0000 F CFA, au moment ou la denr\u00e9e se fait rare, il peut \u00eatre vendu \u00e0 15\u00a0000 F CFA. Avec un rire amer, elle estime que la p\u00e9riode est id\u00e9ale pour les m\u00e9nag\u00e8res. \u00a0Et de citer un proverbe dioula\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0 Si la ch\u00e8vre d\u2019autrui n\u2019est pas morte, la sauce de quelqu\u2019un d\u2019autre ne sera pas bonne\u00a0\u00bb<\/em>.Selon dame Sanou, il y a quelques ann\u00e9es, les Ouagalais venaient s\u2019approvisionner dans le march\u00e9 en l\u00e9gumes.<\/p>\n<p><strong>Le s\u00e9chage pour att\u00e9nuer les pertes<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2419\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_04-1-300x255.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"255\" srcset=\"http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_04-1-300x255.jpg 300w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_04-1-494x420.jpg 494w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/pc_04-1.jpg 564w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Des pays voisins\u00a0 tels que la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Mali, le Ghana venaient \u00a0se ravitailler dans le march\u00e9. Malheureusement, ce n\u2019est pas le cas ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Face \u00e0 cette m\u00e9vente, les femmes sont oblig\u00e9es de se retourner<strong>\u00a0 <\/strong>vers\u00a0 les vendeuses des autres petits march\u00e9s des diff\u00e9rents arrondissements. <em>\u00ab\u00a0Elles partent vendre dans les localit\u00e9s respectives, elles enl\u00e8vent leur b\u00e9n\u00e9fice et nous remettent notre argent\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-elle affirm\u00e9. Dans cette p\u00e9riode de m\u00e9vente, elles d\u00e9coupent \u00a0parfois les aubergines\u00a0 pour s\u00e9cher afin de revendre apr\u00e8s. Une strat\u00e9gie qui permet d\u2019att\u00e9nuer les pertes. Une m\u00e9vente que vivent presque toutes les vendeuses. Sanata Barro, m\u00e8re de huit enfants et \u00a0vendeuse de piment, le regard inquiet nous confiait le lundi 18 f\u00e9vrier qu\u2019elle n\u2019avait toujours pas eu de client. Selon elle,\u00a0\u00a0 la grosse boite qui fait office d\u2019unit\u00e9 de mesure se vend \u00e0 400 F CFA. La m\u00eame quantit\u00e9 \u00e0 un moment ce prix pourrait \u00eatre multipli\u00e9 par 8 ou 10. Le refrain est identique chez Fatimata Sanou, qui offre au public du haricot vert et des carottes.\u00a0 Selon elle, le haricot vert co\u00fbte 150 F CFA la boite de tomate, au lieu de 600 F CFA, il y a quelques mois. Et d\u2019ajouter que le co\u00fbt de la carotte est rest\u00e9 invariable. Au-del\u00e0 des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, les vendeuses par la voix de leur pr\u00e9sidente Sita Sanou, regrette le cadre dans lequel elles sont. \u00a0\u00a0Selon elle, le site n\u2019est pas couvert. <em>\u00ab\u00a0Nous faisons face au vent, \u00e0 la pluie et au soleil. Pendant les pluies, le march\u00e9 est difficilement accessible, les voix d\u2019acc\u00e8s sont d\u00e9grad\u00e9es\u00a0\u00bb,<\/em> a-t-elle soutenu.\u00a0 Par ailleurs, elle a invit\u00e9 les autorit\u00e9s \u00e0 rendre le march\u00e9 plus sain, tout en \u00a0reconnaissant que des efforts sont faits. A titre d\u2019exemple, \u00a0la pr\u00e9sidente Sanou a cit\u00e9 la construction de hangars par le conseil r\u00e9gional des Hauts Bassins. Ces boutiques m\u00eame si elles ne sont totalement adapt\u00e9es \u00e0 certains des produits, tels les tomates et les poivrons elles permettent n\u00e9anmoins d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019abri en cas d\u2019intemp\u00e9ries ou de pluies, a-t-elle fait savoir. Selon dame Sanou, ces locaux \u00a0sont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la mairie pour exploitation. Aux dires de la pr\u00e9sidente, le conseil municipal de Bobo-Dioulasso n\u2019a pas encore attribu\u00e9 ces locaux aux vendeuses. La pr\u00e9sidente des femmes vendeuses exhorte les autorit\u00e9s communales, \u00e0 penser \u00e0 l\u2019autre moiti\u00e9 du ciel, qui se battent tant bien que mal pour subvenir au bien \u00eatre de la famille. Et de \u00a0souhaiter que l\u2019autorit\u00e9 rende abordable le prix des places.\u00a0 Car, a-t-elle justifi\u00e9, les femmes n\u2019arrivent pas \u00e0 joindre les deux bouts.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Albert SANKARA<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Maoua Leilatou ZON<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 (Stagiaire)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>March\u00e9 \u00ab\u00a0sous-sol\u00a0\u00bb \u00e0 Bobo-Dioulasso La nouvelle vie des femmes de l\u2019ex \u00ab\u00a0l\u00e9gu\u00e9malogo\u00a0\u00bb \u00a0 Le march\u00e9 de l\u00e9gumes appel\u00e9 \u00ab\u00a0sous-sol\u00a0\u00bb du quartier Y\u00e9gu\u00e9r\u00e9 au secteur 22, accueille depuis des ann\u00e9es, les femmes vendeuses de l\u00e9gumes d\u00e9guerpis de l\u2019ex \u00ab\u00a0l\u00e9gu\u00e9ma L\u00f4g\u00f4\u00a0\u00bb de Bobo-Dioulasso. 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