{"id":2047,"date":"2019-02-07T14:36:14","date_gmt":"2019-02-07T13:36:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=2047"},"modified":"2019-02-07T14:36:14","modified_gmt":"2019-02-07T13:36:14","slug":"coton-conventionnel-le-veritable-souci-cest-la-rentabilite-selon-francois-traore-ex-president-de-lunpc-b","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.aib.media\/regions\/2019\/02\/07\/coton-conventionnel-le-veritable-souci-cest-la-rentabilite-selon-francois-traore-ex-president-de-lunpc-b\/","title":{"rendered":"Coton conventionnel : \u00ab\u00a0Le v\u00e9ritable souci, c\u2019est la rentabilit\u00e9\u00a0\u00bb, selon Fran\u00e7ois Traor\u00e9, ex- pr\u00e9sident de l\u2019UNPC-B"},"content":{"rendered":"<p>Coton conventionnel<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0<em>Le v\u00e9ritable souci, c\u2019est la rentabilit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, selon Fran\u00e7ois Traor\u00e9, ex- pr\u00e9sident de l\u2019UNPC-B<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le coton burkinab\u00e8 traverse une p\u00e9riode de crise. Des producteurs ont anim\u00e9 une conf\u00e9rence de presse, le 26 janvier 2019 \u00e0 Bobo-Dioulasso, pour plaider le retour du coton bio-transg\u00e9nique \u00ab\u00a0<em>bt\u00a0<\/em>\u00bb dans les champs. \u00a0Dans cet entretien r\u00e9alis\u00e9 le lendemain de la conf\u00e9rence, l\u2019ex-pr\u00e9sident de l\u2019Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPC-B), Fran\u00e7ois Traor\u00e9 revient sur leur plaidoyer et la crise qui secoue le secteur<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Sidwaya (S.)\u00a0: Vous faites partie d\u2019une coalition de producteurs,\u00a0 avec des scientifiques qui r\u00e9clament le retour de la culture du coton \u00ab\u00a0bt\u00a0\u00bb. Quelles sont vos motivations\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_2049\" aria-describedby=\"caption-attachment-2049\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2049\" src=\"https:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/P1281266-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/P1281266-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/P1281266-80x60.jpg 80w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/P1281266-265x198.jpg 265w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/P1281266-560x420.jpg 560w, http:\/\/www.aib.media\/regions\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2019\/02\/P1281266.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2049\" class=\"wp-caption-text\">OLYMPUS DIGITAL CAMERA<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>Fran\u00e7ois Traor\u00e9 (F.T.)\u00a0<\/em><\/strong>: Le coton\u00a0<em>\u00ab\u00a0bt\u00a0\u00bb<\/em> nous avait \u00e9pargn\u00e9 au moins quatre traitements sur les six pr\u00e9vus. On dit six lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de pressions, mais le coton \u00ab\u00a0<em>bt<\/em>\u00a0\u00bb nous \u00e9pargne des quatre traitements et ce temps libre on l\u2019utilise autrement. L\u2019autre \u00e9l\u00e9ment important est que le cotonnier\u00a0\u00ab\u00a0<em>bt<\/em>\u00a0\u00bb contient une mati\u00e8re que les chenilles n\u2019aiment pas. Aussi, le monde \u00e9volue avec la technologie, et il faut faire avec cette r\u00e9alit\u00e9.\u00a0 Nos parents se d\u00e9pla\u00e7aient avec des \u00e2nes et \u00e0 un moment donn\u00e9 il y a eu le v\u00e9lo, la moto et le v\u00e9hicule et ainsi de suite. On \u00a0n\u2019a pas le choix dans la modernisation des choses, et \u00a0nous ne voudrions pas \u00eatre en retard.. La culture du coton\u00a0<em>\u00ab\u00a0bt\u00a0\u00bb,<\/em> nous facilitait la t\u00e2che. Donc tu agrandis \u00a0les surfaces quand il y a moins de traitements. C\u2019est dans ce sens que nous sommes engag\u00e9s<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<ol>\n<li><strong><em>:<\/em><\/strong><strong> <em>Les deux derni\u00e8res ann\u00e9es la fili\u00e8re coton surtout dans la zone SOFITEX connait des crises de boycotts dans la localit\u00e9 de N\u2019dorola, des d\u00e9nonciations. Qu\u2019est ce qui explique cette crise\u00a0? <\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong><em> T.\u00a0:<\/em><\/strong> Mais la philosophie que nous avons eue \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour relancer de la fili\u00e8re coton, cette philosophie n\u2019est plus l\u00e0. Vous savez, c\u2019est plusieurs millions de producteurs alors il y a une mani\u00e8re de les satisfaire. Si on les avait habitu\u00e9s \u00e0 un partenariat entre eux et des soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res o\u00f9 il avait du dialogue alors si vous arrivez \u00e0 faire de telle sorte que ce soit de la monotonie et que les paysans ne sont pas satisfaits du partenariat. On cultive le coton pour chercher de l\u2019argent. C\u2019est avec gait\u00e9 de c\u0153ur que le paysan le fait. Sinon le travail est p\u00e9nible. Malgr\u00e9 cette p\u00e9nibilit\u00e9 s\u2019il y a une bonne collaboration une bonne entente et que le paysan sait qu\u2019il va gagner, il va le faire. Les deux derni\u00e8res ann\u00e9es et cette campagne en cours, le paysan prend des intrants, des pesticides et puis l\u2019engrais pour produire le coton. Apr\u00e8s la vente, s\u2019il n\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 payer ses cr\u00e9dits \u00e0 plus forte raison acheter une moto pour un membre de sa famille ou payer les \u00e9tudes de ses enfants, il va de soi qu\u2019il arr\u00eate. Je connais un monsieur qui faisait pr\u00e8s de 40 tonnes. Mais l\u2019an pass\u00e9 la vente de son coton n\u2019a pas suffit pour payer son cr\u00e9dit. Il \u00e9tait oblig\u00e9 de chercher encore un million pour \u00e9ponger sa dette. C\u2019est une famille ou les bras valides valent une vingtaine. Je ne suis pas certain que cette ann\u00e9e, il va exploiter de grandes superficies. Un Groupement des producteurs de coton (GPC) exploitait plus de 100 hectares, mais il n\u2019a exploit\u00e9 que huit hectares cette ann\u00e9e. A leur place, vous ferez la m\u00eame chose, vous prenez du cr\u00e9dit, vous peinez dans le champ et vous travaillez\u00a0 avec beaucoup de gens dans le champ, vous voulez de l\u2019argent et le coton n\u2019arrive pas \u00e0 payer le cr\u00e9dit. Le v\u00e9ritable souci c\u2019est la rentabilit\u00e9. Cette ann\u00e9e par exemple, les populations qui font fronti\u00e8re avec N\u2019dorola, c\u2019est celles de Banfora. Ils y a des gens qui m\u2019appellent entant qu\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019UNPC-B, pour dire que les populations du K\u00e9n\u00e9dougou qui n\u2019ont pas le coton valent mieux. Car, l\u2019an pass\u00e9 nous avons produit mais nous sommes rest\u00e9s redevable en devers la soci\u00e9t\u00e9 cotonni\u00e8re. Cette ann\u00e9e on a encore fait et on reste redevable \u00e7a veut dire que nous sommes en train de cumuler des dettes que nos enfants vont un jour payer. Voil\u00e0 autant de raisons. Si les paysans n\u2019obtiennent pas ce qu\u2019ils veulent mais ils ne sont pas con. M\u00eame si le chef de famille est un con, ceux qui sont derri\u00e8re lui qui veulent travailler et avoir quelque chose ne vont pas accepter. Quand nous sommes pass\u00e9s du 11<sup>e <\/sup>\u00a0au 1<sup>re <\/sup>producteur de coton, ce n\u2019est pas \u00a0un fouet qui a permis d\u2019atteindre ce r\u00e9sultat. C\u2019est leur satisfaction qui peut les faire continuer \u00e0 faire du coton. Il n\u2019y a de\u00a0 marchandage\u00a0 \u00e0 faire. Il faut satisfaire les producteurs. Son engagement \u00e0 ce moment ne se n\u00e9gocie pas.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong><em>:<\/em><\/strong><strong> <em>Une agence a d\u00e9cid\u00e9 unilat\u00e9ralement de suspendre la culture du coton \u00ab\u00a0bt\u00a0\u00bb en 2016, ceux qui plaident, aujourd\u2019hui, pour son retour sont-ils en concertation avec cette agence et les soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res\u00a0?<\/em><\/strong><\/li>\n<li><strong><em> T.\u00a0:<\/em><\/strong> Vous avez dit plaider, nous c\u2019est notre mani\u00e8re de parler de dire que vous avez eu vos raisons d\u2019arr\u00eater le coton \u00ab\u00a0<em>bt<\/em>\u00bb. Mais, nous avons notre raison de le r\u00e9clamer. Nous sommes des citoyens\u00a0 devons-nous taire\u00a0? Nous voulons quelque chose pour travailler. On ne dit pas \u00e0 l\u2019Etat de nous donner de l\u2019argent comme cadeau. Nous avons trouv\u00e9 un outil de travail qui existe dans le monde et on veut l\u2019utiliser. Le coton ce n\u2019est pas nous qui devons l\u2019acheter. Nous voulons la technologie, c\u2019est de faire \u00a0de telle sorte que la technologie nous satisfasse et que sa satisfasse la soci\u00e9t\u00e9 et que tout le monde gagne. Et nous ne le faisons pas contre quelqu\u2019un.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong><em>: Est ce que vous connaissez un peu les raisons pour lesquelles l\u2019agence a \u00e9voqu\u00e9 pour suspendre le coton \u00abbt\u00a0\u00bb\u00a0? <\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong><em> T.\u00a0:<\/em><\/strong> Ecoutez les soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque on dit que la fibre \u00e9tait courte et nous n\u2019\u00e9tions pas t\u00e9moin de \u00e7a. Mais en \u00e9coutant les scientifiques, c\u2019est quelque chose qu\u2019on pouvait corriger parce que la science \u00e9volue. Vous savez m\u00eame dans le coton conventionnel la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 des s\u00e9rieux probl\u00e8mes de semences. C\u2019est l\u2019innovation qui nous permettra de travailler librement d\u2019avoir des avantages qui font profiter \u00e0 la nation enti\u00e8re ainsi qu\u2019aux diff\u00e9rents acteurs de la soci\u00e9t\u00e9. La meilleure fa\u00e7on de manipuler assez de gens, c\u2019est la satisfaction des besoins de maximum de personnes. D\u2019ici deux ans maximum si les gens ne sont satisfaits le coton connaitra un d\u00e9clin. A cet titre, j\u2019ai honte qu\u2019aujourd\u2019hui le Burkina Faso perd sa 1<sup>re<\/sup>\u00a0 place. En perdant cette place, ce n\u2019est pas le paysan qui a refus\u00e9 de travailler. Non\u00a0! C\u2019est pour cela que nous pensons que c\u2019est le moment que nous attirons l\u2019attention des d\u00e9cideurs pour qu\u2019ils aient une solution qui permette aux agriculteurs d\u2019aller dans les champs et de produire le coton. Nous sommes m\u00eames en train de cr\u00e9er des usines de cr\u00e9ation de transformation, le Faso danfani est devenu la mode au Burkina Faso. Chose qui est normal. Pendant que nous sommes entrain d\u2019installer des usines de transformation est-ce le moment de perdre notre place de premier producteur de coton\u00a0? Or pourtant la solution existe. Nous les producteurs ne somment pas content de perdre le premier rang et nous voulons que les autorit\u00e9s le sachent. Nous pensons qu\u2019avec le coton \u00ab\u00a0<em>bt\u00a0<\/em>\u00bb, nous pouvons occuper \u00e0 nouveau notre rang. C\u2019est depuis 1979 que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 cultiver \u00a0le coton. Le rendement dans mes champs cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s mauvais. Je n\u2019ai \u00a0jamais eu un\u00a0 mauvais rendement, en pr\u00e8s de 40 ans de culture de coton.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong><em>:<\/em><\/strong><em> <strong>Apr\u00e8s la conf\u00e9rence de presse sur le retour du coton \u00ab\u00a0bt\u00a0\u00bb si toutefois votre appel n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 entendu avez-vous d\u2019autres possibilit\u00e9s de d\u00e9noncer la culture du coton\u00a0?<\/strong><\/em><\/li>\n<li><strong> T.\u00a0:<\/strong> Je serai \u00e9tonn\u00e9 que quelqu\u2019un me dise qu\u2019il y a une usine qui a tourn\u00e9 24 heures\/24 cette ann\u00e9e. \u00c7a tourne 5h, 6h et coton fini. La main d\u2019\u0153uvre qui est l\u00e0-bas ch\u00f4me est ce que c\u2019est ce que nous voulons. Je pense que comme vous et moi, nous n\u2019avons pas le choix. Si nous sommes des vrais int\u00e8gres nous ne devons pas \u00eatre contents d\u2019avoir perdu notre premi\u00e8re place. Les commer\u00e7ants sont en train de se plaindre parce qu\u2019il n\u2019y\u2019a d\u2019achats. Si on ne gagne pas de l\u2019argent eux \u00e9galement vont le sentir. Donc c\u2019est l\u2019\u00e9conomie du pays qui souffre. Quelque chose qui permet \u00e0 la population qu\u2019on qualifie d\u2019analphab\u00e8te de travailler pour se nourrir devrait pr\u00e9occuper tout le monde. Notre pr\u00e9occupation est de travailler, cultiver notre coton et avoir de l\u2019argent. C\u2019est \u00e9galement la pr\u00e9occupation du gouvernement.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong><em>:<\/em><\/strong><em> <strong>Vous avez de l\u2019exp\u00e9rience dans la production, plus pr\u00e9cis\u00e9ment le coton, croyez-vous en l\u2019avenir du coton au Burkina Faso\u00a0?<\/strong><\/em><\/li>\n<li><strong> T.\u00a0:<\/strong> Je crois en l\u2019avenir du coton. La crise concernait au d\u00e9but les producteurs. Mais aujourd\u2019hui elle touche les commer\u00e7ants, les transporteurs. Je pense qu\u2019on peut trouver la solution et on doit trouver la solution. Je crois en l\u2019avenir du coton parce que ce n\u2019est qu\u2019une crise que le Burkinab\u00e8 peut surmonter. A cet effet, je compte sur le Burkinab\u00e8, sur sa capacit\u00e9 de surmonter cette crise parce que les paysans sur le terrain m\u00eame en \u00e9tant plus pr\u00e9sident chaque fois qu\u2019il y a un souci les paysans m\u2019appellent. J termine en disant qu\u2019on nous comprenne en nous aidant \u00e0 trouver une solution pour le coton afin qu\u2019il reprenne la premi\u00e8re place.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>\u00a0Entretien r\u00e9alis\u00e9 par <\/strong><\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric OUEDRAOGO<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Coton conventionnel \u00ab\u00a0Le v\u00e9ritable souci, c\u2019est la rentabilit\u00e9\u00a0\u00bb, selon Fran\u00e7ois Traor\u00e9, ex- pr\u00e9sident de l\u2019UNPC-B \u00a0 Le coton burkinab\u00e8 traverse une p\u00e9riode de crise. 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