{"id":15545,"date":"2022-09-14T14:29:44","date_gmt":"2022-09-14T12:29:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=15545"},"modified":"2022-09-14T14:29:44","modified_gmt":"2022-09-14T12:29:44","slug":"entreprenariat-feminin-ces-femmes-au-foyer-au-coeur-des-activites-nocturnes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.aib.media\/regions\/2022\/09\/14\/entreprenariat-feminin-ces-femmes-au-foyer-au-coeur-des-activites-nocturnes\/","title":{"rendered":"Entreprenariat f\u00e9minin : ces femmes au foyer au c\u0153ur des activit\u00e9s nocturnes"},"content":{"rendered":"<p>Entreprenariat f\u00e9minin<\/p>\n<p><strong>Ces femmes au foyer au c\u0153ur des activit\u00e9s nocturnes<\/strong><\/p>\n<p><strong>Outre les activit\u00e9s familiales, des femmes au foyer de la ville de Bobo-Dioulasso d\u00e9veloppent des initiatives afin d\u2019avoir des revenus pour \u00e9pauler leurs conjoints dans les charges. Certaines de ces femmes travaillent tard dans la nuit pour avoir plus de revenus. Ces activit\u00e9s nocturnes ne sont pas sans cons\u00e9quences pour leur vie sociale.<\/strong><\/p>\n<p>Il est 21 heures ce mardi 23 aout 2022. La capitale \u00e9conomique du Burkina Faso, Bobo-Dioulasso, commence \u00e0 s\u2019endormir. Au secteur 15 de la ville, la chaleur, suffocante, disparait peu \u00e0 peu laissant place \u00e0 un vent froid pendant ce mois d\u2019ao\u00fbt. Au coin du boulevard de la r\u00e9volution, des l\u00e9gumes entass\u00e9s sur une table rectangulaire jouxtant le march\u00e9 de Ouezzin ville. C\u2019est le commerce de Korotimi Ouattara.<\/p>\n<p>Mari\u00e9e et m\u00e8re de 4 enfants, la jeune femme, \u00e0 cette heure de la nuit, essaie de satisfaire \u00e0 la demande des quelques clients qui d\u00e9filent. Cette activit\u00e9, elle la m\u00e8ne souvent apr\u00e8s 23 heures avant de regagner son foyer. Dame Ouattara m\u00e8ne cette activit\u00e9 depuis son bas-\u00e2ge. Et apr\u00e8s son mariage, son mari la soutient dans ce commerce nocturne. \u00ab On ne gagne rien en restant \u00e0 la maison. C\u2019est la raison pour laquelle je pr\u00e9f\u00e8re rester vendre ma marchandise tard dans la nuit\u00a0\u00bb, soutient Korotimi Ouattara. La quadrag\u00e9naire confie parvenir \u00e0 concilier son activit\u00e9 commerciale et la vie de foyer.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai deux grandes filles et c\u2019est elles qui s\u2019occupent de la cuisine \u00e0 mon absence\u00a0\u00bb, dit la commer\u00e7ante de l\u00e9gumes. Elle ajoute qu\u2019elle continue de faire cette activit\u00e9 parce qu\u2019elle ne veut pas d\u00e9pendre de son mari qui a d\u00e9j\u00e0 beaucoup de charges. Aux dires de Korotimi Ouattara, ses marchandises ne sont pas en s\u00e9curit\u00e9. Elle fait souvent l\u2019objet de vols vue qu\u2019elle les laisse au march\u00e9 sans un veilleur de nuit. Tout comme Korotimi Ouattara, Ernestine Ziba, commer\u00e7ante au secteur 16 de Bobo-Dioulasso, m\u00e8ne son activit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 tard dans la nuit.<\/p>\n<p>Pench\u00e9e sur sa table aux environs de 20 heures ce 23 aout 2022, elle \u00e9tale ses fruits compos\u00e9s entre autre de bananes, d\u2019oranges, de papayes, de pommes et de melons. Elle est mari\u00e9e et cela fait pr\u00e8s de 30 ans qu\u2019elle vend les fruits au bord du boulevard. Ce faisant aider par sa ni\u00e8ce, Mme Ziba rentre apr\u00e8s minuit car elle habite \u00e0 un jet de pierre de son lieu de commerce.<\/p>\n<p>\u00ab Je me suis lanc\u00e9e dans la vente des fruits parce que mon mari n\u2019avait pas les moyens et je voulais \u00e0 tout prix exercer cette \u00a0 activit\u00e9\u00a0 pour l\u2019aider dans les charges familiales \u00bb, explique Ernestine Ziba les raisons de son activit\u00e9 nocturne. A l\u2019en croire, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 cette activit\u00e9 qu\u2019elle paye la scolarit\u00e9 de leurs enfants. Ernestine Ziba souligne qu\u2019elle ne rencontre pas de difficult\u00e9s majeures dans la gestion de son foyer car son mari la comprend. Cependant elle fait face \u00e0 des difficult\u00e9s\u00a0 d\u2019approvisionnement et de conservation de ses produits.<\/p>\n<p><strong>Des activit\u00e9s qui n\u2019emp\u00eachent pas d\u2019accomplir le r\u00f4le de m\u00e8re et d\u2019\u00e9pouse<\/strong><\/p>\n<p>Kadidjatou Coulibaly est une restauratrice au secteur\u00a0 06 de la ville de Bobo-Dioulasso. Mari\u00e9e\u00a0 et m\u00e8re de trois enfants, elle passe la majeure partie de son temps dans son restaurant.\u00a0\u00ab J\u2019ouvre mon restaurant les matins \u00e0 8 heures et je ferme apr\u00e8s 00 heure. Mes heures de fermeture d\u00e9pendent de l\u2019affluence de la client\u00e8le\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Cette activit\u00e9, Kadidjatou l\u2019exerce il y a environ 22 ans. La restauratrice explique qu\u2019elle s\u2019y est lanc\u00e9e parce qu\u2019elle n\u2019arrivait pas \u00e0 int\u00e9grer la fonction publique. Et aujourd\u2019hui\u00a0; elle ne regrette pas son choix. \u00ab\u00a0Je parviens \u00e0 honorer la paie de mes employ\u00e9s, subvenir \u00e0 certaines charges de la famille. Aussi, je ne d\u00e9range pas mon mari pour certains de mes propres besoins\u00a0\u00bb, fait-elle savoir.<\/p>\n<p>Madame Coulibaly souligne que son activ\u00e9 ne peut pas l\u2019emp\u00eacher d\u2019accomplir son r\u00f4le de m\u00e8re et d\u2019\u00e9pouse. \u00ab Mon mari me soutient beaucoup et c\u2019est en partie gr\u00e2ce \u00e0 lui si je continue de mener mon activit\u00e9\u00a0\u00bb, dit-elle avec un ton rassurant. Pour les travaux domestiques, comme la cuisine, dame Coulibaly fait savoir que lorsque ses enfants (des filles) \u00e9taient en bas-\u00e2ge, elle faisait la cuisine au restaurant et envoyait \u00e0 la maison. Mais aujourd\u2019hui, poursuit Kadidjatou Coulibaly, elles ont assez grandi et ce sont elles qui s\u2019occupent\u00a0 de la cuisine et des travaux m\u00e9nagers.<\/p>\n<p>Son absence, dit-elle avec un sourire aux l\u00e8vres, n\u2019est pas un frein \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de ses enfants. Selon la restauratrice, sa famille est de tout c\u0153ur avec elle. Mme Coulibaly dit avoir surtout le soutien inconditionnel de son mari. Elle confie que son mari a contract\u00e9 des pr\u00eats bancaires\u00a0 pour l\u2019aider \u00e0 am\u00e9liorer son commerce. En retour, selon ses confidences, elle l\u2019aide \u00e9galement lorsqu\u2019il a des probl\u00e8mes financiers.<\/p>\n<p>Quant \u00e0\u00a0 Ma\u00efmouna Sidib\u00e9, g\u00e9rante de boutique et vendeuse de\u00a0 fruits et l\u00e9gumes au quartier Sarfalao\u00a0(secteur 17 de Bobo-Dioulasso), elle explique qu\u2019elle accorde du temps \u00e0 ses enfants et veille \u00e0 leur bien-\u00eatre. \u00ab En ce qui concerne l\u2019\u00e9duction de mes enfants je fais le n\u00e9cessaire, sinon mes enfants passent tous leur temps chez leur grand-m\u00e8re c\u2019est elle qui s\u2019occupe d\u2019eux vue que je suis tout le temps \u00e0 mon lieu de travail \u00bb, indique-t-elle.<\/p>\n<p>Pour elle il faut faire la part des choses, c\u2019est \u00e0 dire faire en sorte que l\u2019activit\u00e9 men\u00e9e ne mette pas en p\u00e9ril son r\u00f4le de m\u00e8re et d\u2019\u00e9pouse.<\/p>\n<p><strong>Mariam TOURE<\/strong><\/p>\n<p>(Stagiaire)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entreprenariat f\u00e9minin Ces femmes au foyer au c\u0153ur des activit\u00e9s nocturnes Outre les activit\u00e9s familiales, des femmes au foyer de la ville de Bobo-Dioulasso d\u00e9veloppent des initiatives afin d\u2019avoir des revenus pour \u00e9pauler leurs conjoints dans les charges. 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