{"id":12368,"date":"2021-11-03T16:08:47","date_gmt":"2021-11-03T15:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aib.media\/regions\/?p=12368"},"modified":"2021-11-03T16:08:47","modified_gmt":"2021-11-03T15:08:47","slug":"province-des-banwa-yezouma-coulibaly-de-militaire-radie-a-agriculteur-millionnaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.aib.media\/regions\/2021\/11\/03\/province-des-banwa-yezouma-coulibaly-de-militaire-radie-a-agriculteur-millionnaire\/","title":{"rendered":"Province des Banwa : Y\u00e9zouma Coulibaly, de militaire radi\u00e9 \u00e0 agriculteur millionnaire"},"content":{"rendered":"<p>Province des Banwa<\/p>\n<p><strong>Y\u00e9zouma Coulibaly, de militaire radi\u00e9 \u00e0 agriculteur millionnaire<\/strong><\/p>\n<p><strong>Militaire radi\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e en 2011 suite \u00e0 la mutinerie, Y\u00e9zouma Coulibaly, fait d\u00e9sormais la fiert\u00e9 de son pays \u00e0 Bay\u00e9, son village natal situ\u00e9 \u00e0 16 km de Solenzo dans la province des Banwa. Devenu agriculteur mod\u00e8le, il raconte \u00e0 Sidwaya sa vie de militaire qui s\u2019est mu\u00e9e par la force des choses, en celle de producteur agricole multimillionnaire. Retour sur une reconversion forc\u00e9e\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Militaire de son Etat, il y a 10 ans, Y\u00e9zouma Coulibaly a effectu\u00e9 un retour forc\u00e9 \u00e0 la terre. En effet, ce natif du village de Bay\u00e9, dans la province de Banwa, s\u2019est vu oblig\u00e9 de devenir agriculteur, pour avoir \u00e9t\u00e9 ray\u00e9 des effectifs de l\u2019arm\u00e9e en 2011, suite \u00e0 la mutinerie militaire qu\u2019a connue le Burkina Faso, sous l\u2019\u00e8re du pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9. 10 apr\u00e8s, il a r\u00e9ussi sa reconversion au point d\u2019inspirer plus d\u2019un.<\/p>\n<p>Issu d&rsquo;une famille de cultivateurs, Y\u00e9zouma Coulibaly (n\u00e9 en 1983) a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 Daboura, un autre village, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatre ans, pour garder les b\u0153ufs de son grand-p\u00e8re maternel o\u00f9 il dormait presque au champ avec ses oncles. En 1991, quand il avait sept ans, son grand-p\u00e8re, Patrice Coulibaly, l&rsquo;inscrit \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire publique de Bonza. Faut de bons r\u00e9sultats, Y\u00e9zouma Coulibaly a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 \u00e0 Bay\u00e9, son village natal, par son p\u00e8re, Leydoun Coulibaly, pour \u00eatre r\u00e9inscrit au Cours pr\u00e9paratoire premi\u00e8re ann\u00e9e (CP1) avec ses petits fr\u00e8res. D\u00e8s lors, il suit un cursus scolaire (primaire) normal au terme duquel il parvient \u00e0 obtenir son Certificat d&rsquo;\u00e9tude primaire (CEP) et son entr\u00e9e en classe de sixi\u00e8me. Au coll\u00e8ge, il obtient son Brevet d\u2019\u00e9tude de premier cycle (BEPC) en 2003. En d\u00e9cembre de cette m\u00eame ann\u00e9e, il est admis au test de recrutement des militaires o\u00f9 il effectuera neuf mois de formation de base \u00e0 Bobo-Dioulasso, au Groupement d\u2019instruction des Forces arm\u00e9es (GIFA). Apr\u00e8s cette formation, il int\u00e8gre l&rsquo;Acad\u00e9mie militaire Georges Namoano de P\u00f4. Il y passe cinq ans avant de r\u00e9ussir au concours professionnel de gestion des ressources humaines des forces arm\u00e9es. Il effectue alors son stage \u00e0 l&rsquo;A\u00e9roport, Base 571 \u00e0 Ouagadougou et \u00e0 sa sortie, il est affect\u00e9 \u00e0 Bobo-Dioulasso comme secr\u00e9taire des services des ressources humaines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le choix de l\u2019aventure retoqu\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Y\u00e9zouma Coulibaly fait une ann\u00e9e et demi dans la ville de Sya avant d\u2019\u00eatre mut\u00e9 \u00e0 Gaoua comme secr\u00e9taire de gestion des ressources humaines. Six mois apr\u00e8s, la mutinerie d\u00e9clenche dans les garnisons en 2011. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 par ses coll\u00e8gues de Gaoua pour participer \u00e0 la rencontre pr\u00e9sidentielle de sortie de crise. \u00ab\u00a0<em>A ma grande surprise, j\u2019ai vu mon nom sur la liste des personnes \u00e0 radier de l\u2019arm\u00e9e, alors que je n\u2019ai pas participer aux troubles<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il t\u00e9moign\u00e9.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision de l\u2019arm\u00e9e marque un tournant d\u00e9cisif dans la vie du d\u00e9sormais ex-militaire. Il contacte sur le champ son g\u00e9niteur afin qu\u2019il re\u00e7oive sa femme et ses enfants car ayant l\u2019intention d\u2019aller \u00e0 l\u2019aventure. \u00ab\u00a0<em>Mon p\u00e8re s\u2019y est cat\u00e9goriquement oppos\u00e9 et m\u2019a envoy\u00e9 une somme de 50\u00a0000 F CFA comme frais de transport pour rejoindre le village avec ma famille<\/em>\u00a0\u00bb, s\u2019est-il rappel\u00e9. Suivant les conseils de son g\u00e9niteur, il se lance donc dans l\u2019agriculture. Alors, il range sa moto et enfourche le v\u00e9lo pour le champ. En 2013, son papa lui construit une mini-villa, puis lui ach\u00e8te une nouvelle moto et un tricycle en 2014 avec les retomb\u00e9es de l&rsquo;agriculture. A la mort de son p\u00e8re en 2016, Y\u00e9zouma Coulibaly fait face, dor\u00e9navant, seul \u00e0 son destin. Il redouble d&rsquo;ardeur en produisant sur une superficie de 60 \u00e0 75 hectares. Au m\u00eame moment, il prend la place de son p\u00e8re qui \u00e9tait semencier et partenaire de l\u2019entreprise Neema agricole du Faso (NAFASO), sp\u00e9cialis\u00e9e dans la production et la commercialisation de semences certifi\u00e9es des vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es. Cette soci\u00e9t\u00e9 l\u2019aide \u00e0 acqu\u00e9rir un tracteur. Les vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es dans son champ sont le ma\u00efs, le sorgho, le soja, le petit mil, le s\u00e9same et le riz.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>40 tonnes de ma\u00efs par an<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le militaire radi\u00e9 ne regrette pas de revenir \u00e0 la terre, car il r\u00e9colte pr\u00e8s de 40 tonnes de ma\u00efs par an et 30 tonnes de riz, dans le cadre du programme du pr\u00e9sident \u00ab\u00a0<em>produire un million de tonnes de riz par an<\/em>\u00a0\u00bb. S\u2019essayant \u00e0 un petit calcule, il explique que si le co\u00fbt moyen du sac de ma\u00efs est de 15\u00a0000 F CFA, avec 800 sacs, il peut gagner 12 millions de F CFA par an. Quant au riz, s\u2019il se monnaye \u00e0 12\u00a0000 F CFA, le sac, avec plus de 600 sacs en sa possession, Y\u00e9zouma Coulibaly s\u2019en sort avec environ 7,2 millions de F CFA.<\/p>\n<p>Dans ses travaux, M. Coulibaly dispose d\u2019une main d&rsquo;\u0153uvre constitu\u00e9e de quatre permanents pay\u00e9s \u00e0 un million F CFA par an. Il fait \u00e9galement recours \u00e0 des contractuels de 7 \u00e0 30 personnes, selon le moment et les besoins. Ce qui lui fait \u00e9galement une d\u00e9pense de pr\u00e8s d\u2019un million F CFA. En tout, le d\u00e9sormais agriculteur millionnaire est reconnaissant envers sa femme, Lucie Coulibaly qui est le pilier de son travail. <em>\u00ab\u00a0Pendant les semis et surtout les r\u00e9coltes et le vannage, c&rsquo;est elle qui organise le travail\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-il indiqu\u00e9. Il invite les jeunes \u00e0 se lancer dans l&rsquo;agriculture, car pour lui, la terre nourrit son homme, pour peu qu\u2019on en fasse son m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Le m\u00e9rite de l\u2019entrepreneur agricole a \u00e9t\u00e9 reconnu par la nation lors de la journ\u00e9e nationale du paysan tenue \u00e0 Manga dans le Centre-sud en 2018. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 au rang de Chevalier de l&rsquo;ordre du m\u00e9rite avec agrafe agriculture.<\/p>\n<p><strong>Salifou OUEDRAOGO <\/strong><\/p>\n<p><strong>AIB\/Banwa<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Province des Banwa Y\u00e9zouma Coulibaly, de militaire radi\u00e9 \u00e0 agriculteur millionnaire Militaire radi\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e en 2011 suite \u00e0 la mutinerie, Y\u00e9zouma Coulibaly, fait d\u00e9sormais la fiert\u00e9 de son pays \u00e0 Bay\u00e9, son village natal situ\u00e9 \u00e0 16 km de Solenzo dans la province des Banwa. 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